Sans morale, le Produit Intérieur Brut (PIB) additionne de la même manière les dépenses en éducation et en armement. Ce boulier compteur ne peut donc pas indiquer notre niveau de bien-être. Mais alors, comment mesurer à quel point nous sommes heureux ? Et pourquoi le faire ?

 

 

Pourquoi ?
Les responsables politiques visent, quoi qu’on en dise, à mettre en place des mesures destinées à améliorer la vie des populations. Pour y parvenir, ils ont besoin d’indicateurs leur permettant d’orienter et évaluer leurs décisions.

Comment ?
Au niveau des pays, le PIB, longtemps considéré comme un indicateur fiable pour jauger le bien-être, n’a plus droit de cité. Si l’argent fait parfois le bonheur, le lien de causalité est remis en cause et surtout, il n’est pas proportionnel. Relayant une étude de « World Values Surveys », l’OCDE constate qu’ « à mesure que l’individu connaît une situation de plus en plus aisée au cours de son existence – ce qui est le cas de la plupart des gens – son niveau de satisfaction subjectif n’augmente pas proportionnellement. »

Puisque le bonheur ne se niche pas dans les cours de la Bourse, de nouveaux facteurs, autres qu’économiques, doivent être intégrés pour tenter de quantifier l’inquantifiable. Ainsi, l’indice de développement humain (IDH) du PNUD synthétise trois indicateurs évaluant la santé, l’éducation et le niveau de vie. Au final et chaque année, l’IDH indique les progrès de bien-être des populations. L’outil est certes précieux, mais il ignore les paramètres environnementaux. Or, une dégradation des ressources naturelles peut avoir des implications sur la santé des personnes et mettre à mal le bien-être des générations futures.

Pour pallier à ce manque, l’Europe met en place des comptabilités vertes (dites satellites) comme NAMEA (National Accounting Matrix Including Environmental Accounts, matrices des comptes nationaux incluant des comptes environnementaux), supposées estimer la pression environnementale générée par le bilan économique d’un pays. Nous n’avons cependant pas encore le Graal comptable puisque ces indicateurs oublient le facteur social. Qu’à cela ne tienne, le SPP Politique Scientifique belge développera un indicateur objectif de bien-être pour 2010, dixit le Pré-Plan de Développement Durable. Voilà qui est dit !

Et au final, une fois tous ces chiffres malaxés, des indicateurs de développement durable nous diront, à quel point telle politique nous rend heureux, et pourquoi pas à quel point nous sommes béats de regarder un ciel bleu, ou de manger une glace à la vanille en famille. Le bonheur, on peut vraiment compter dessus ?

Olivier Bailly (31/05/2008)

Plus d’infos :
Le rapport de développement humain du PNUD
La méthode NAMEA
Réagir à l’action «Des indicateurs pour un bien-être durable »

 

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